LAB interpelle les candidat·es aux élections municipales
En pleine campagne des élections municipales, c’est au tour des candidat·es d’être interpelé·es.
En septembre 2024, nous présentions la version réactualisée de Hemen Erabaki – Décider Ici. Comme nous nous y étions engagé·es, nous l’avons présenté à différent acteurs et actrices d’Ipar Euskal Herria.
Côté syndical, nous avons rencontré quatre organisations : Solidaires, la FSU, la CFE-CGC, la CFDT. La CGT a refusé la rencontre, les autres ne nous ont pas répondu.
Côté politique, économique et social nous avons rencontré : EH Bai, Bizi, Euskal Moneta, Alda, Xuti Gazte, le Conseil de Développement, la CCI, le Président de la CAPB et son cabinet ainsi que les deux député·es Colette Capdevielle et Peio Dufau, qui ont fait le lien avec Iñaki Echaniz.
Pour finir, nous avons rencontré quatre organisations patronales : le syndicat agricole ELB, le Medef, l’U2p, Udes et UMIH (nous devons rencontrer la CPME). De façon général, le bilan de cette « tournée » est positif car en 10ans, l’idée de la territorialisation et de la négociation collective a fait son chemin. Précurseur·euses de cette revendication, elle convainc de plus en plus car c’est un moyen concret de pouvoir améliorer la vie des travailleur·euses.
Face au centralisme français et aux réformes antisociales contre lesquelles il est difficile de construire un rapport de force, il est nécessaire de doter notre territoire de pouvoir d’agir. Les plus réfractaires restent celles et ceux aux positions jacobines même lorsque c’est dans l’intérêts des travailleurs et travailleurs.
Rapprocher les instances de négociation et décision, c’est renforcer la démocratie et aussi notre rapport de force pour améliorer les conditions de travail et de vie des habitant·es d’un territoire. C’est le cas en Hego Euskal Herria, sans non plus l’idéaliser. Nos camarades du sud sont en pleine bataille pour décider au Pays Basque d’un salaire minimum digne. Après avoir récolté des dizaines de milliers de signature lors de l’Initiative Législatives Populaire et face au déni de démocratie des gouvernements et du patronat, une Grève Générale est organisée le 17 mars prochain. Nous adressons toute notre solidarité à nos camarades !
Aujourd’hui et en pleine campagne des élections municipales, c’est au tour des candidat·es d’être interpelé·es sur cette question. En tant que syndicat de travailleurs et de travailleurs, organisé dans le privé mais aussi dans les collectivités dont les communes et l’Agglomération Pays Basque, il est important pour nous de rappeler aux candidat·es que s’iels sont élu·es, iels seront aussi les employeurs d’agent·es de la Fonction Publique Territoriale.
Nous avons vu de nombreuses listes se déclarer dans les 158 communes d’Ipar Euskal Herria, mais il n’est quasiment jamais question d’évoquer voire d’assumer la casquette d’employeur et encore moins d’intégrer à leurs programmes des mesures pour améliorer les conditions de travail et de vie pour les agent·es.
Aussi en tant que syndicat abertzale, il nous est important de questionner les candidat·es sur la mise en place d’outils structurant pour Ipar Euskal Herria. Si de nombreuses candidatures prônent l’amélioration des conditions de vies des habitant·es du territoire et aussi, plus d’autonomie ou de compétences, en est-il de même lorsqu’il s’agit de la gestion des agents territoriaux ? Sont-iels prêt·es à s’engager à la mise en place d’outils concrets qui donnerait à la fois plus de souveraineté à notre territoire et pourraient améliorer les conditions de travail et donc de vie des travailleurs et travailleurs du secteur public ?
Déjà en 2020, nous avions envoyé un questionnaire à l’ensemble des listes présentes sur la ligne de départ. Ce questionnaire interrogeait les candidat·es sur des points cruciaux pour les travailleur·euses : égalité f/h, transport, accueil des personnes sans papiers, création d’instances collectives au niveau de la CAPB… Les résultats sont lisibles sont notre sites internet. Reconnaissons que peu de listes avaient répondu, ce qui en dit long sur l’intérêts portées aux préoccupations et revendications de la classe travailleuse.
6 ans après, nous les interpellons à nouveau en tant que futur·es élu·es municpaux·les et communautaires et donc employeur·euses. Nous leur demandons s’iels s’engagent à la mise en place de trois outils précis :
- Observatoire socioéconomique : possible depuis la création de l’Agglo en 2017, nous avions interpellé la présidence de l’époque (la même qu’actuellement) pour sa mise en place. Le Président avait fait le choix de limiter l’observatoire au champ économique ce qui représente une erreur, claire aujourd’hui. Les manquements sont flagrants : nous manquons de données sociales au niveau de notre territoire ce qui ne permet pas d’adapter les politiques aux réels besoins des habitant·es alors que des structures travaillent déjà à cette échelle.
- Centre de Gestion Pays Basque : aujourd’hui, le Centre de Gestion 64 est géré depuis Pau et à l’échelle départementale. Cette instance assure les missions relatives au recrutement et à la gestion des carrières des agents territoriaux. Pour nous, il est trop éloigné d’Euskal Herria et il est difficile d’y établir un rapport de force. Il faut le rapprocher au niveau d’Ipar Euskal Herria.
- Comité Social Territorial Intercommunal Pays Basque : les carrières individuelles et négociations collectives des agents territoriaux des communes de moins de 50 agents, sont gérées depuis Pau au CDG64. Une nouvelles fois nous pensons qu’il faut créer des instances au niveau du Pays Basque Nord.
Si d’un point de vue institutionnel, Ipar Euskal Herria a fait un pas avec la création de la CAPB. En tant que membre de Batera, nous espérons franchir prochainement une prochaine étape qui donnera à notre territoire plus de compétences et leurs financements. Cependant, d’un point de vue sociale, nous n’avons pas avancé, tout est encore géré par Pau et c’est grâce à ce type de structure que nous doterons notre territoire de plus de souveraineté sociale.
Les candidat·es peuvent s’engager à travailler à la mise en place d’un seul ou de plusieurs des outils défendus par LAB. Pour cela, iels peuvent répondre en ligne ou télécharger le document pour nous le renvoyer (cliquez ici). Nous rendrons les réponses publiques avant le 1er tour sans donner de consignes de vote.
Pour finir, il est important pour LAB que les candidat·es prennent conscience que iels sont aussi en lice pour être employeurs d’agents territoriaux. Pour rappel, les élections professionnelles de la Fonction Publique auront lieux en fin d’année et LAB présentera à nouveau des listes car si nous luttons pour des services publics de qualité et accessibles à tou·tes nous luttons aussi pour que les agent·es exercent dans de bonnes conditions de travail pour une vie digne.
La réflexion sur l’évolution institutionnelle du Pays Basque Nord gagne en intensité à l’occasion de la campagne municipale, son évolution et sa reconnaissance sociales doivent aussi prendre une place centrale dans ce débat.








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