Aberri Eguna 2026 : Souveraineté - Non a la guerre - Des droits
Dans le contexte dAberri Eguna, nous exprimons notre soutien à l’initiative Euskal Herria Batera, ainsi qu’aux mobilisations appelées par EH Bildu à Iruñea et par le mouvement abertzale d’Ipar Euskal Herria à Baiona, et nous appelons les travailleur·euses basques à y participer.
Aberri Eguna est le jour de la nation Basque. C’est une journée pour regarder vers l’avenir d’Euskal Herria, vers les opportunités et les capacités de notre peuple à progresser dans la libération nationale et sociale. Alors que des nuages sombres se répandent à travers le monde, en Euskal Herria les rayons du soleil continuent de briller. En témoigne le succès de la grève générale du 17 mars, menée en faveur de la redistribution des richesses et de l’approfondissement de la souveraineté, ainsi que pour un salaire minimum interprofessionnel propre et décent.
Aberri Eguna de cette année arrive dans un contexte complexe, marqué par l’offensive impérialiste. Dans un capitalisme fondé sur une croissance permanente et écologiquement insoutenable, le contrôle des sources d’énergie est devenu un objet de conflit. La volonté de maintenir un capitalisme hétéropatriarcal, colonial et écocidaire — à la fois inviable et socialement injuste — a enchaîné les crises les unes après les autres et plongé le monde dans une phase capitaliste toujours plus brutale.
Dans ce contexte, parallèlement à l’enlèvement du président du Venezuela et d’un député, ainsi qu’au renforcement du blocus brutal contre Cuba, les États-Unis et Israël ont lancé une nouvelle offensive impérialiste au Moyen-Orient. La guerre en Iran et au Liban, en plus de provoquer la mort de milliers de personnes et des destructions, a déjà un impact sur le portefeuille des travailleur·euses. La hausse des prix de l’essence, de l’électricité et du gaz entraîne une nouvelle aggravation du coût de la vie que nous subissions déjà. Si la guerre se prolonge, le risque d’accroissement des inégalités sociales est élevé.
Face à l’ingérence, nous défendons un nouvel ordre international qui respecte la souveraineté de tous les peuples et le bien-être des citoyen·nes. Les travailleur·euses basques affirmons avec fermeté : non à la guerre ! Et avec la même détermination, nous ajoutons : nous ne sommes pas prêt·es à payer la facture d’une guerre qui n’est pas la nôtre. Dans le même sens, 40 ans après la victoire du référendum populaire sur l’OTAN, le syndicat LAB réaffirme sa position en faveur de l’expulsion de l’OTAN d’Euskal Herria et, plus largement, de sa dissolution. Il rejette également les choix des gouvernements européens et locaux en faveur du militarisme et de l’industrie de l’armement.
Euskal Herria n’est pas à l’abri des risques globaux. Mais face à l’incertitude, nous avons une seule certitude : l’organisation et la lutte collective sont la voie pour construire un modèle économique et social capable de garantir des conditions de vie dignes à l’ensemble de la population. Notre peuple est vivant et combatif. Depuis Euskal Herria, nous avons à la fois la nécessité et la possibilité de construire un modèle de société plus juste.
Grâce à des décennies de lutte, nous continuons à nous battre pour créer les conditions permettant d’avancer dans la construction d’une République basque — indépendante, euskaldun, socialiste et féministe. Ainsi, une opportunité s’ouvre pour franchir de nouvelles étapes dans la reconnaissance nationale et la capacité de décision d’Euskal Herria.
En Ipar Euskal Herria, les résultats des dernières élections donneront un nouvel élan aux aspirations souverainistes. Les positions en faveur d’une structure administrative dotée de compétences plus larges que celles de la Communauté d’agglomération du Pays Basque se renforcent. Dans ce débat, nous avons une position syndicale claire : nous travaillons, avec différents acteurs, à une proposition concrète pour établir un cadre propre de négociation
collective.
En Hego Euskal Herria, en revanche, de nouvelles conditions émergent pour dépasser le cadre juridico-politique actuel. Du point de vue du syndicalisme indépendantiste, et notamment du syndicat LAB, trois grands défis se dégagent : reconnaître le caractère national d’Euskal Herria et garantir une officialité réelle de notre langue nationale, l’euskara ; préciser la formulation du droit à décider ; dépasser le niveau actuel d’autogouvernement, en obtenant de nouvelles compétences pour construire un cadre basque des relations de travail et de la protection sociale.
Pour faire face à la précarisation de la vie et contrer la montée de l’extrême droite et du fascisme, nous luttons pour des mesures en faveur de l’ensemble des travailleur·euses, en affrontant les inégalités sexistes, racistes et intergénérationnelles. L’initiative lancée par la majorité syndicale pour disposer d’un salaire minimum interprofessionnel propre et améliorer les salaires progresse : avec la force accumulée lors de la grève, nous donnerons un nouvel élan à la négociation collective et, parallèlement, la voie politique pour obtenir la compétence d’établir un salaire minimum reste ouverte.
Tout en poursuivant fermement la lutte pour développer les services publics et garantir le droit au logement, nous continuerons à défendre l’emploi industriel et à revendiquer une politique industrielle orientée vers une transition écosociale.
La situation de l’euskara mérite une mention particulière. Nous vivons une offensive judiciaire et médiatique qui remet en cause son statut officiel. Pourtant, la participation massive de la population à Korrika a montré que le désir et la volonté de faire vivre et diffuser l’euskara restent forts. Un message s’est répandu aux quatre vents : Nous sommes l’Euskara ! Nous sommes la Nation ! Les deux langues doivent être officielles dans l’administration publique. Au vu des dommages causés par les décisions judiciaires successives, des garanties juridiques sont nécessaires pour faire de l’officialité de l’euskara une réalité. Dans le cas de la Communauté Autonome Euskadi, des initiatives législatives sont déjà en cours à cette fin. Depuis le syndicat LAB, nous continuerons à construire des alliances en faveur de l’euskara et à promouvoir la mobilisation sociale.
Pour conclure, dans le contexte dAberri Eguna, nous exprimons notre soutien à l’initiative Euskal Herria Batera, ainsi qu’aux mobilisations appelées par EH Bildu à Iruñea et par le mouvement abertzale d’Ipar Euskal Herria à Baiona, et nous appelons les travailleur·euses basques à y participer.








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